Alger    Djazaïr    El-bahdja    Icosium    Assima    Alger la blanche

 

 

 

 

 

histoire d'Algérie

L'Histoire d'Alger

la guerre d'Algérie

 

Résumé (antiquité - moyen age) : IVème siècle av J.C, les Phéniciens établirent un comptoir sur la baie d'Alger appelé "Icosim" (l'île aux mouettes), devenu "Icosium" plus tard, sous l'empire romain et le resta en possession romaine jusqu'à l'arrivée des vandales, au milieu du Vème siècle. Elle fut ensuite gouvernée par les Byzantins, jusqu'à ce que les Berbères les chassent. La véritable destinée d'Alger va commencer à s'accomplir au Xème quand l'Emir Bologhine Ibn Ziri décide d'en faire sa capitale et l'appelle en référence à un chapelet d'îlots qui affleuraient dans la baie "El-Djazaïr". C'est à partir de cette période qu'Alger commencera à jouer un rôle commercial dans le pourtour méditerranéen.

Déjà au début du Ier millénaire av. J.-C., Alger est un important comptoir phénicien. En 202 avant J.-C., la ville passe sous influence romaine suite à l'alliance scellée entre Massinissa et Scipion l'Africain contre Carthage. Le nom d'Ikosim prend sa forme romanisée, Icosium, sous Juba I et Ptolémée.

Les tribus Berbères Maghraouas étaient très nombreuses dans les environs d'Icosium et Ptolémée de Maurétanie devait les contenir. Ptolémée de Maurétanie fera transférer une partie des Maghraoua vers le chlef. Et il combat les résisitants berbères soulevés par Tacfarinas, dans cette même période. Après Tibère, Vespasien envoie une colonie à Icosium pour arrêter les révoltes.

Après la révolte de Tacfarinas, Firmus (général maure berbère), détruit Icosium en mettant le feu avec l'aide de toutes les tribus berbères maures (non romanisés) qui vivent dans les montagnes des environs au IVe siècle.

C'est vers le ve siècle que le christianisme s'introduit à Icosium. En 429, la ville passe sous domination vandale, lors de leur conquête de l'Afrique du Nord. En 442, un traité entre Romains et Vandales permet aux Romains de récupérer Icosium et ce durant les cent ans de présence vandale en Algérie.

Après 533, la ville, à peine contrôlée par les Byzantins, est attaquée par des tribus Berbères.

En 710, la conquête musulmane Introduit l'Islam en Afrique du Nord. Alger était un territoire qui appartenait aux Maghraouas, une tribu Berbère Zénète. Ziri ibn Menad était vassal des Fatimides. Il prouve sa bravoure à ses derniers lorsqu'il vainc les berbères Zénètes Kharidjites (Maghraoua,Banou Ifren, etc). Après la mort d'Abu Yazid en 947, Ziri ibn Menad s'empare de la région du centre et fonde Achir comme capitale des Zirides. D'après Ibn Khaldoun, la région d'Alger fut occupée par les Sanhadja avec la dynastie des Zirides (Les premiers Sanhadji occupaient les régions de M'Sila, de Médéa et d'Alger). Le fils de Ziri ibn Menad avec l'autorisation de son père, Bologhine ibn Ziri fonde trois villes dont Djzair Beni Mezghenna (Alger),Médéa et Miliana après avoir chassé les Zénètes.

Bologhine ibn Ziri reconstruit Icosium au milieu du Xe siècle en fortifiant et agrandissant le site occupé par les Beni Mezghenna et la baptisa « El Djazair Beni Mezghenna », en 960.

La guerre continue entre les Zénètes et les Sanhadjas. Ziri ibn Menad est tué en 971 dans une bataille contre les Maghraouas, sa tête est rapportée à Cordoue par les Maghraoua afin d'obtenir de l'aide pour affronter l'armée des Zirides vassal Fatimides. Les Zénètes vengent ainsi la mort d'Abu Yazid. C'est ainsi que Moez, Calife Fatimide, désigne Bologhine ibn Ziri comme Calife du Maghreb. Ce dernier continue le combat contre les Zénètes. Ces derniers demandent alors l'aide des Omeyyades de Cordoue pour reprendre leur territoire et leurs villes y compris Alger. Bologhine ibn Ziri s'empare de presque tout le Maghreb en suivant les directives de Moez (Calife Fatimides).

Bologhine possédait toutes les villes du Maghreb, il avait pour ordre de tuer tous les Zénètes, de ramasser l'impôt des Berbères sous l'emprise de l'épée. Ce qui va provoquer une marche de contestation de la part des autres tribus. Les Kutama vont être jaloux des Zirides et la guerre éclatera entre les deux tribus ; Mila et Sétif sont rasées par les Zirides37. Les Omeyyades acceptent enfin d'aider les Zénètes à reconquérir leurs territoires, en particulier des Maghraoua37. Bologhine ibn Ziri rebrousse chemin en voyant toute l'armée des Zénètes venue d'Andalousie par voie maritime qui s'installe à Ceuta. En 983, Bologhine ibn Ziri meurt. Il s'ensuit une longue période de défaite pour les Zirides. Les Maghraouas regagnent leurs territoires et leur souveraineté dans le Maghreb central et dans l'Ouest grâce à Ziri Ibn Attia issue des Maghraouas. Toutes les villes du centre jusqu'à Tanger redeviennent des villes Zénètes, y compris Alger.

Les Fatimides voulaient prendre l'Andalousie. Mais ils décident d'abandonner ce projet pour garder l'Égypte et les autres provinces. Les Zirides restent souverains dans leurs territoires à l'Est de l'Algérie ainsi que les Hammadides (tribu des Sanhadja). Les Almoravides prennent Alger en 1082 grâce à Youssef Ibn Tachfin. Ce dernier défait tous les Zénètes. La première grande mosquée du rite malékiste Djamaa El Kébir ou la Grande Mosquée d'Alger y est construite par Youssef Ibn Tachfin. Les Almoravides n'ont jamais fait la guerre contre les Zirides, les deux tribus sont des Sanhadja. En 1151, Abd al-Mumin (Almohades), est un berbère Zénètes, il reprend Alger aux Almoravides, tout le Maghreb et l'Andalousie37. Par la suite, Alger fut rattachée aux capitales des dynasties Zianides, ainsi que Hafsides et Mérinides pour des courtes périodes. Longtemps la ville fut dépendante de Tlemcen sous les dynasties Ifrenides, Maghraouides, Almoravides.

Résumé (Epoque Moderne) : En 1510, les Espagnols occupèrent l'îlot Peñón, en face du port. Les frères Barbarousses, appelés en renfort occupèrent la ville en 1516. Devenue capitale des corsaires barbaresques, Alger se déclara vassale de l'empire Ottoman et les Espagnols en furent chassés.

Alger au début XVIème siècle : Alger ou El-Djazaïr était un petit port peuplée d'environ 20 000 habitants, sa population s’est accru fortement avec l’arrivée des Juifs et des Maures expulsés d’Andalousie après la chute de Grenade. Elle devient une «petite république municipale», et deviendra par la suite le centre d’un nouvel État.

En 1510, les Espagnols soumirent Alger et bâtirent sur un îlot de la baie une forteresse, le Peñón d'Alger, destinée à défendre et surveiller la ville. À la mort du roi d'Espagne Ferdinand le Catholique en 1516, les habitants se révoltent sous la direction de Salem ben Toumi, chef des Beni Mezghenna, qui demande l'aide des Turcs d'Arudj Barberousse. Ce dernier devient maître de la ville après avoir assassiné Salem ben Toumi.

En 1516 et 1518, Alger est attaquée par des expéditions espagnoles commandées respectivement par Diego de Vera et Hugo de Moncade. Deux fois celles-ci tournent au fiasco. En 1529, Barberousse détruit le peñon, et y fait construire la jetée Kheir-Eddine, reliant les îlots à la terre ferme et constituant ainsi le premier abri du port d'Alger. Cette date marque aussi le début de la Régence d'Alger, un régime politique d'inspiration ottomane, qui fit d'Alger la capitale d'un État largement indépendant mais vassal de la Sublime Porte.

Durant la période de la régence ottomane, une guerre éclate contre les Zianides, puis plusieurs conflits surgissent avec les saadéens et les tibus du Sahara, aux Aurès ainsi qu'en petite Kabylie. En même temps, une double extrapolation vit le jour. La ville appelée El Djazaïr (Alger et Algérie s'écrivent de la même manière en arabe: El Djazaïr) donna son nom au pays entier et la citadelle perchée en haut de la ville ancienne, appelée la Casbah, donna son nom à la ville. De nos jours encore, Casbah désigne la ville pré-coloniale. Elle est désormais classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Siège d'Alger par l'Empereur Charles Quint : Après la bataille de Tunis en 1535 et dans le but de sécuriser ses positions méditerranéennes, Charles Quint décide, lors de la diète de Ratisbonne en 1541, de s'emparer d'Alger qui est devenue une véritable base « corsaire » (au sens du corso méditerranéen) sous la houlette des frères Arudj puis Khayr ad-Din Barberousse.

En octobre 1541, l'empereur réunit une flotte de plus de de 65 vaisseaux de guerre, 451 navires de transport commandée par son l'amiral Andrea Doria, quoique ce dernier désapprouve une expédition à pareille époque de l'année. Alger était alors sous l'autorité d'un pacha intérimaire, nommé Hassan Agha, d'origine sarde et fils adoptif de Khayr ad-Din Barberousse, celui-ci étant devenu grand amiral de la flotte ottomane depuis 1538. Hassan Agha, renforce les fortifications, les arsenaux et fait raser les arbres autour des remparts. Après avoir débarqué sur la plage du Hamma, le 23 octobre, l'empereur installe son camp sur les hauteurs sur la colline du Coudiat saboune, au lieu-dit du marabout de Sidi Yacoub (futur Bordj Moulay el Hassen et Fort l'Empereur). La défense de la ville est assurée par 1 500 janissaires et 6 000 morisques réfugiés récemment amenés d'Espagne, alors que l'expédition impériale est composée d'une troupe de 12 300 matelots et 23 000 combattants : 6 000 espagnols et siciliens, 5 000 italiens, 6 000 allemands, 3 000 volontaires de toutes nationalités, 150 chevaliers de Malte, 200 gardes de la Maison de l'Empereur, 150 officiers nobles dont le célèbre Hernán Cortés et 2 000 cavaliers.

La journée du 24 octobre est marquée par des combats intenses sans qu'un quelconque avantage se dégage ; le 25 octobre, en fin d'après-midi, un orage d'une violence inouïe éclate. La tempête va se déchainer toute la soirée et même la nuit entière. Au petit matin, la pluie ne cessant de tomber, rend inutilisable la poudre pour les canons et les arquebuses ; plus de 140 navires sont fracassés sur la côte alors que des dizaines d'autres ont coulé à pic avec hommes et biens. Les troupes impériales sont alors décimées par les troupes d'Hassan Agha et les irréguliers venus des campagnes environnantes. L'armée impériale bat ensuite en retraite vers le Cap Matifou dès le 29 octobre, sur les conseils d'Andrea Doria.

La retraite est désastreuse pour les forces impériales car la route est coupée par une crue de l'oued El-Harrach tandis que les troupes algéroises et irrégulières les harcèlent, leur occasionnant de grandes pertes - plus de 3 000 morts. Les survivants arrivent le 1er novembre à Tamentfoust, où Andrea Doria s'était mis à l'abri avec la flotte rescapée. Les troupes de Charles Quint, lèvent l'encre le 2 novembre, et se réfugient à Béjaïa (Bougie), alors toujours aux mains des espagnols, qu'ils quitteront le 27 novembre pour l'Espagne. La défaite de l'Empereur sera accueillie avec une joie immense par la France et son roi, Francois Ier, alors ennemi déclaré du Habsbourg.

Après cette débâcle célèbre, qui est connue sous le nom de « désastre d'Alger », la ville va devenir la plus puissante des villes neuves de la Méditerranée. La Régence d'Alger, solidement établie, va durer trois siècles, jusqu'en 1830.

La régence : La ville fut plusieurs fois bombardée sous la Régence. La marine royale française, sous le commandement de Abraham Duquesne, suite à la déclaration de guerre à la France du Dey d'Alger, bombarde Alger en 1682 puis plusieurs autres fois durant ce conflit. Le 27 août 1816, elle fut bombardée par une flotte anglo-hollandaise qui libéra un total de 3 000 esclaves européens.

Sous la régence turque, la ville était administrée par un fonctionnaire : le Cheikh-el-Bled. Celui-ci avait entre autres attributions : celle de lever une contribution hebdomadaire sur les boutiques et sur les corps de métiers ; de fournir par voie de réquisition, les mulets et les chevaux de transport nécessaires aux troupes turques envoyées au dehors : et de défrayer pendant leur séjour à Alger, les envoyés de l'intérieur.Sa résidence était située dans l'actuelle « rue de la Lyre inférieure », sa villa, à Birkadem (« Djenan Cheikh-el-Bled »).

Au début du xviiie siècle, Laugier de Tassy décrit la population d'Alger en ces termes « On ne voit presque dans la ville que les Maures, qui ont été chassés d’Espagne ». Au début du xive siècle, on comptait à Alger une centaine d'écoles primaires et quatre collèges supérieurs (pour moins de 20 000 habitants), à savoir celui de la Grande Mosquée, celui de la Quashashiyya, celui des Andalous et celui de Shaykh al-bilâd.

A la veille de la conquête française, Alger était une ville très cosmopolite, la société se composait de Turcs, de Maures mêlés de Berbères et d’Arabes avec un fort apport andalou, de Kouloughlis, de Kabyles, de Noirs affranchies, d'esclaves, de juives et de Beranis qui se composaient de minorités régionales : les Biskris, les Laghouatis et les Mozabites. Alger connaissait notamment plusieurs langues et dialectes : l’osmanli parlé par les Turcs, un arabe citadin parlé par les Maures, un hébreu arabisé parlé les juifs et les dialectes berbères parlés par chaque communauté berbère.

Résumé (Colonisation Française) : Juillet 1830, la ville est prise par les Français, devenue siège du gouvernement général du pays, des constructions militaires et administratives y furent édifiées. A partir de 1880, la ville prit son véritable essor. C'est à Alger que les alliés débarquèrent le 8 novembre 1942 puis que fut crée, le 3 juin 1943, le comité français de libération nationale (CFLN). Puis connu sous le nom de comité d'Alger, celui-ci devint un an plus tard le gouvernement provisoire de la république française du Général de Gaulle. De 1954 à 1962, la ville fut le principal centre lutte menée par le Front de Libération National (FLN) pour l'indépendance du pays. "La bataille d'Alger" en 1957, marqua en tournant de la guerre d'Algérie. En avril 1961, le putsch d'Alger constitua l'ultime tentative des généraux de l'armée française en Algérie pour empêcher l'inéluctable indépendance algérienne. Le 5 juillet 1962, Alger devint la capitale de l'Algérie indépendante.

En 1830, motivé notamment par les ressources agricoles de la Mitidja, le roi Charles X profite de l'aggravation d'un contentieux commercial entre la France et la régence d'Alger pour envoyer un corps expéditionnaire commandé par le général de Bourmont, ministre de la guerre, afin que celui-ci prenne possession de la ville qui tombe le 5 juillet 1830, trois semaines après avoir débarqué à Sidi-Ferruch situé à 30 km à l'ouest. Présenté comme simple raid militaire punitif à l'origine, l'occupation française va se prolonger pendant plus de 130 ans, et marquer profondément la cité qui comptait à peine 30 000 habitants à cette époque.

La ville, bâtie en amphithéâtre sur un rocher dont l'inclinaison est tournée vers l'Est, s'étendait alors, dans la partie comprise entre les actuels rue Benganif, boulevard Hahkad, la Casbah (la citadelle) et le port, soit 3 200 mètres de remparts avec cinq portes (Bab El-Oued, Bab Azzoun, Bab Dzira, Bab El Bhar et Bab Jedid) qui enfermaient environ 12 200 maisons de grandeurs diverses contenant toutes une cour d'une plus ou moins grande étendue, 103 mosquées, une dizaine de synagogues, 7 grandes casernes de Janissaires, 150 fontaines et 60 cafés maures.

Les faubourgs constituaient la campagne avec de belles villas enfouies dans un cadre de verdure et de vastes jardins qui faisaient l'admiration des Européens. La ville haute, le Djebel, constituait la vraie ville avec ses mosquées, ses zaouïas et ses rues étroites.

Au lendemain de la colonisation, la ville est maintenue comme capitale de la nouvelle colonie d'Algérie, où une commission de gouvernement et un conseil municipal institués par Bourmont, siégeant en premier lieu à l'hôtel Bacri (aujourd’hui « Palais Dar Khedaouedj Amiya »), rue Socgémah, remplacent l’administration turque. Cette assemblée composée de 7 Maures et de 2 Israélites, était présidée par un maure marié à une Française, Ahmed Bouderbah qui, avant 1830 avait vécu en qualité de commerçant à Marseille. C’est lui qui, avec Hamdan Khodja, négocia la reddition de la ville auprès du Dey Hussein. M. Brugière, sous-intendant militaire, agissant en tant que « commissaire du Roi près de la municipalité » le seconda dans sa tâche.

La colonisation française commença par le refoulement des indigènes, qui furent chassés de tout le Sahel algérois, puis évolua vers leur cantonnement qui les obligea pour vivre à vendre leur travail au colon voisin.

Puis dès 1848, Alger devient le siège de la préfecture du département du même nom, permettant ainsi un développement rapide, grâce à l'arrivée d'émigrants européens au cours de la deuxième moitié du xixe siècle, principalement d'origine française, tandis la population locale se concentre plutôt dans une Casbah en voie de taudification.

Afin d'investir la ville, deux ressources s'offrent aux colons : soit celle d'occuper les habitations mauresques, en s'adaptant à leur architecture ; soit celle d'en démolir quelques-unes pour construire des voies carrossables et des places pouvant servir aux rassemblements de troupes et aux marchés.

La topographie de la ville, accidentée dans sa partie ouest, n'offrant qu'une zone basse légèrement plane dans sa partie est, et étant située en bordure de mer pouvait, grâce au voisinage du port, avoir un plus grand intérêt économique. Ainsi, c'est dans cette dernière zone qu'il y eu le plus de transformations.

On commença par quelques démolitions entre Bab-Azoun et la Marine, ainsi que dans la rue des Souks pour permettre aux chariots de circuler librement. On continue le tracé des rues « Bab-Azoun », « Bab el Oued » et « de la Marine » qui ont été auparavant simplement élargies. Pour les deux premières, on construit des rues à arcades et on fait adopter l'établissement de galeries, de façon à lutter contre les rayons du soleil. Aussi l'ouverture de deux autres rues est décidée : celles « de Chartres » et « des Consuls » afin d'établir une communication entre les portes Nord et Sud au cas où les rues Bab-Azoun et Bab el Oued aient été rendues inutilisables.

À partir de 1840, la ville sortant des limites des fortifications ottomanes et des logiques de défense, le Génie élabore en 1841 un projet d’ensemble de fortifications modernes. L’architecte Pierre Auguste Guiauchain rédige en 1845 un schéma général de voirie et d’alignements concernant les terrains à édifier à l’intérieur de la nouvelle enceinte. Il installe les nouveaux bâtiments publics : Hôtel de Ville, palais du Gouverneur, théâtre, palais de justice, hôtel des postes et du trésor... dans les meilleurs emplacements dominant la mer et prévoit une série de percées transversales destinées à faciliter la liaison entre les nouveaux quartiers du nord et du sud de la ville.

Ce plan qui sera publié en 1848 par Delaroche, esquisse les rampes et les escaliers destinés à relier les quais à la ville, quelque 15 mètres plus haut, de même que les liaisons avec la « place du Gouvernement » au sud.

Par étapes successives cette idée aboutira, en 1860, au projet de Charles Frédéric Chassériau, architecte de la ville, qui dessine l’ensemble de la structure soutenant le boulevard et les rampes entre les quais et la ville. Il prend le nom de boulevard de l’Impératrice en honneur de Eugénie de Montijo, l’épouse de Napoléon III qui l’inaugure en 1865 (avant son achèvement) et accueille, au fil du temps, d’importants édifices publics : la Préfecture, le Palais des Assemblées, le Casino, l’Hôtel de ville, etc…

Les Français s'installent principalement dans les faubourgs, dans des maisons qui se trouvent le long des remparts, comme le quartier populaire de Bab El-Oued au nord, tandis que l'on poursuit également l'européanisation de la ville musulmane ; aménager les constructions mauresques semble être le meilleur programme d'utilisation de la cité. Ainsi, dès 1839, la partie basse de la ville tend à disparaître, démolitions et expropriations contribuent à donner un aspect nouveau à ce quartier. L'immigration d'Européens est importante. Tous les nouveaux venus commencent d'abord par occuper les maisons mauresques qui sont transformées pour répondre à des exigences nouvelles. Celles-ci deviennent bientôt des bâtisses insalubres et mal aérées. Lors de son voyage, Napoléon III fait une enquête personnelle qui a pour résultat d'arrêter les démolitions de la vieille ville. Le rapport dit que la haute ville doit rester telle quelle. On commence à s'apercevoir qu'il est difficile de greffer une ville européenne sur une ville musulmane. Le temps seul se charge alors de modifier l'aspect de la cité.

Ainsi, les quartiers d’Alger ressemblent peu à peu à des quartiers parisiens, dignes des travaux haussmanniens, avec les lieux nécessaires à la vie publique (jardin, église, mairie, école). Les anciennes somptueuses villas ottomanes réquisitionnées, sont utilisées comme maisons secondaires par les grandes familles françaises.

La colonisation fait d'Alger une ville à majorité européenne, ceci bien que la population musulmane indigène commence à s'accroître de façon exponentielle à partir de la Première Guerre mondiale, du fait tant de l'accroissement naturel que de l'exode rural.

À partir de 1903, l’administration française demande le respect de la culture indigène, c’est ainsi que le style néo-mauresque est né (exemple : grande poste). L’embellissement de la ville est accentué pendant les années 1930 (centenaire de la conquête de l’Algérie). C’est un moyen pour justifier la colonisation et de montrer sa réussite. Pour cela, on construit des musées (musée des beaux arts), des jardins (jardin d’essais), des lieux artistiques (villa Abd Eltif)

Les transports modernes sont également installés. Ainsi, en 1892 le chemin de fer fait son apparition par la création de la Compagnie des Chemins de fer sur routes d'Algérie (CFRA), dont une partie du réseau est centré sur Alger. Il se compose d'une ligne côtière traversant la ville par les boulevards le long du port. La même année, la Société des tramways algériens (TA) est créée afin de constituer un réseau purement urbain dans Alger. Une longue ligne est construite, parallèle à celle des CFRA, mais à l'intérieur de la ville. En complément de la ligne de tramways des TA, une nouvelle ligne de trolleybus est mise en service.

Seconde Guerre Mondiale : Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Afrique du Nord française, dont Alger, reste sous les ordres de la métropole, donc à compter de juin 1940 du gouvernement de Vichy. Le 8 novembre 1942 seulement, Alger voit débarquer les forces alliées, dans le cadre de l'Opération Torch. À Alger, le succès du débarquement est lié à une opération de résistance de grande ampleur. 400 combattants, dont de nombreux membres de la communauté juive d'Alger, occupent les principaux points stratégiques de la ville la nuit précédant le débarquement, emmenés par Emmanuel d'Astier de La Vigerie et José Aboulker. Ce putsch permit d'éviter toute résistance du 19e corps d'armée vichyste, stationné dans la ville sous le commandement du général Juin.

Alger devient le siège du commandement Allié, chargé de préparer le débarquement en Italie sous la direction du général Eisenhower, futur président des États-Unis.

Elle devient surtout la capitale provisoire de la France, lorsque, après un maintien provisoire du régime de Vichy sous l'amiral Darlan et le général Giraud (voir Situation politique en Afrique libérée (1942-1943)), elle accueille le général de Gaulle qui y constitue, avec Giraud, le Comité français de la Libération nationale (CFLN), puis convoque l'Assemblée consultative provisoire. Le 3 juin 1944, le CFLN devient le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), qui siège à Alger jusqu'après la libération de Paris.

Guerre d'Algérie : Alger se constitue en Zone autonome d'Alger, fin de l'année 1956 sous le commandement de Abane Ramdane et en suite de Yacef Saadi en 1957, joue aussi un rôle décisif durant la guerre d'Algérie (1954-1962), notamment pendant la bataille d'Alger, durant laquelle la 10e division parachutiste de l'armée française, à partir du 7 janvier 1957, mena la chasse aux indépendantistes algériens, sur ordre du garde des Sceaux François Mitterrand, qui lui donne tous pouvoirs pour « éliminer les insurgés ». La ville comptait alors 884 000 habitants.

Alger reste marquée par cet épisode caractérisé par une lutte sans merci entre les indépendantistes œuvrant pour la libération du pays et l'Armée française menant des opérations de police et pratiquant la torture. Des opposants à l'ordre colonial, comme le jeune professeur de mathématiques Maurice Audin ou le leader nationaliste Larbi Ben M'hidi sont maintenant honorés depuis par la municipalité : des artères principales de la ville portent désormais leurs noms. La bataille d'Alger, remportée par le général Massu, reste cependant une réussite mitigée car si au plan militaire, en quelques mois, les principaux dirigeants du FLN sont arrêtés, l'action de ces derniers ainsi que les aspirations du peuple algérien apparaissent sous un jour nouveau aux yeux de l'opinion internationale.

Un an plus tard, les manifestations du 13 mai lors de la crise de mai 1958 y consacrent la chute de la Quatrième République en France, ainsi que le retour du général de Gaulle aux affaires. Dans l'espoir d'une résolution rapide de la crise algérienne, on peut alors voir d'immenses manifestations mêlant dans une liesse commune Européens et indigènes affirmant leur attachement indéfectible à la France et leur foi en la politique du général de Gaulle.

Par les décrets no 59-321 du 24.02.1959 et no 60-163 du 24.02.1960, l'organisation de la commune d'Alger sera réorganisée : le « Grand Alger » est formée en agglomérant au centre ville douze anciennes communes de la périphérie. L'ensemble est divisé en dix arrondissements, dont la gestion est assurée par un administrateur général, par un conseil municipal élu et par des maires et adjoints d'arrondissement.
Les communes concernées par cette réforme étaient :

  • Air de France 7e arrondissement
  • Baraki 10e arrondissement
  • Birmandreis 8e arrondissement
  • Bouzareah 6e arrondissement
  • Dely-Ibrahim 7e arrondissement
  • El-Biar 7e arrondissement
  • Hussein Dey 9e arrondissement
  • Kouba 8e arrondissement
  • Maison-Carrée 10e arrondissement
  • Mustapha 4e arrondissement
  • Oued Smar 10e arrondissement
  • Saint-Eugène 6e arrondissement

Mais en avril 1961, Alger revient de nouveau sur le devant de la scène lorsque les généraux Salan, Challe, Zeller et Jouhaud échouent dans leur tentative de soulèvement de l'Armée française contre la politique algérienne du général de Gaulle.

Lors de l'exode de 1962 (appelée aussi l'exode des pieds noirs), Alger verra partir sa population d'origine européenne et juive (350 000 personnes).

Indépendance : Les Algériens célèbrent dans une grande liesse populaire l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet 1962. Dirigée par les militaires, Alger devient une capitale du tiers monde ainsi qu'une ville phare du Mouvement des non-alignés pendant la Guerre froide.

Le 5 octobre 1988, Alger s'enflamme, des manifestations réclamant plus de démocratie. 23 février 1989, nouvelle constitution qui consacre le multipartisme entraîna la création plus de cinquante partis politiques.

En octobre 1988, soit un an avant la chute du Mur de Berlin, Alger est le théâtre de manifestations réclamant la fin du système de parti unique, une véritable démocratie baptisées « le Printemps d'Alger » (voir l'article : Émeutes d'octobre 1988 en Algérie). Elles sont réprimées par les autorités (plus de 300 morts), mais constituent un tournant dans l'histoire politique de l'Algérie moderne : en 1989, une nouvelle constitution est adoptée qui met fin au règne du parti unique et voit la création de plus de cinquante partis politiques, ainsi qu'officiellement une libération totale de la presse écrite.

Résumé (Crise des années 1990) : Depuis le début des année 1990, la capitale algérienne est déchirée par un violent conflit opposant certains partis politiques et forces de l'ordre, lesquels s'expriment notamment par des attentats terroristes et des assassinats, jusqu'en 1999.

La ville devient alors jusqu'en 1992 le théâtre de nombreuses manifestations politiques de toutes tendances. En 1991, une formation politique dominée par des conservateurs religieux, le FIS, engage un bras de fer politique avec les autorités qui se solde par des élections législatives qu'elle est en passe de remporter en 1992, à la faveur d'une abstention massive des électeurs algériens désabusés par la tournure des événements. L'annulation du scrutin par les autorités marque le début d'une période de violences opposant les algériens aux ultraconservateurs religieux constitués en groupes terroristes armés, jusqu'en 1999. L'activité économique sociale et culturelle reprend des couleurs à la faveur du calme revenu.

Années 2000 : De nos jours, en 2007, Alger veut redevenir une grande capitale africaine et méditerranéenne, envisageant d'avoir un niveau de développement des infrastructures comparable à celui qu'elle avait en 1962. Elle entreprend une ouverture vers le monde en organisant de nombreuses manifestations et colloques internationaux.

Alger attire ainsi depuis quelques années de grandes multinationales telles que la Société Générale ou Siemens. De nombreux grands projets de réalisation d'infrastructures tels que le métro, le tramway ainsi que divers projets de restructuration urbaine, de création de nouveaux centres urbains satellites, peinent à voir le jour, quoiqu'ils auraient dû être achevés il y a plus de 15 ans : Alger est en pleine expansion urbaine, motivée par un besoin d'affirmation au plan régional dans sa lutte pour concurrencer les autres villes nord-africaines de Tunisie et du Maroc

Pour l'année 2007, Alger est capitale de la « culture arabe ».

Source : wikipedia.org

 

Partenaires : les-recettes-de-cuisine - plan du site

Tous droits réservés © 2006 - 2012 - 16alger.com - contact

 

Actualité

Histoire

Photos
Hôtels
Restaurants
Cuisine
Musique
Bouqualettes
Religion
Ramadhan
Médias
Météo
Sport
Adresses utiles
Contact
Plan du site